Trek en Karnali. Aventure en région Ouest. Humla. De simikot à Jumla via le lac Rara

Trek en Karnali.

Notre agence peut organiser ce trek en Karnali. Il faut avoir un esprit aventurier et être très flexible. Posez moi vos questions pour cet itinéraire spécial dont voici un récit.

Enfin ! ! Enfin, je trouve le temps et le bon créneau pour visiter cette région dont j’entends parlé depuis le début de ma vie népalaise : trek en Karnali…. Du nom de la plus grande rivière qui traverse le Népal, qui prend sa source au Tibet dans les hauteurs de l’Himalaya et qui est un des principaux affluents du Gange. Cette rivière qui traverse les districts d’Humla, Bajura, Mugu dont sont issus les enfants soutenus par l’association Karya et auquel je suis fortement attaché.

Pour cette aventure, je suis accompagné par un d’eux, Chhakka, qui a très envie de revoir ses parents vivant au village.

Je n’ai pas d’itinéraires précis. Je souhaite simplement ne pas partir plus d’une quinzaine de jours. Nous verrons bien selon le chemin, les rencontres, les aléas. Je m’attends à un voyage difficile, à une période chaude, dans une des régions les plus pauvres du Nepal, d’autant qu’il y a longtemps que je n’ai pas chaussé mes chaussures de randonnée et que je mise (trop) sur mon ”expérience”.

J’emporte simplement le minimum et voyage légèrement : Un matelas, un duvet, une gourde, un peu de nourriture (fruits secs, biscuits, nouilles précuites), appareil photo et un set de vêtements de rechange.

11-12/05  –  J 01 & 02   Kathmandu > Nepalgunj

Départ de Kathmandu à 18h00 par le bus de nuit. Arrivée à Nepalgunj le lendemain matin à 09h00, Soit 15h de bus. La route n’est pas trop mauvaise et le bus ”assez” confortable. L’avion est aussi possible… mais c’est un autre budget. Nepalgunj est une grosse ville, frontalière avec l’Inde, au sud du pays. Il n’y a rien à y faire. Simplement supporter la chaleur et rester sous les ventilateurs quand il n’y a pas de coupures d’électricité. 

Nous logeons à l’hôtel Karnali, très simple, à 200m de l’aéroport.


13/05  –  J 03  Nepalgunj

Pour se rendre à Simikot, le point départ du trek en Karnali, il n’y a pas le choix du transport : C’est l’avion. Malheureusement, il ne fait pas très beau à Simikot et depuis 06h00 du matin nous attendons notre vol dans le très inconfortable aérodrome. A 12h30, le verdict tombe : Pas de vol aujourd’hui pour cause météo ; Revenez demain.

Cette situation est très fréquente et tous les voyageurs doivent en avoir conscience : Prévoyez des jours de sécurité et soyez souple quant au déroulement du séjour. Il y a toujours des imprévus !  … cela se vérifiera dès le lendemain.

14/05  –  J 04  Nepalgunj > Simikot (3000m)

 Ce matin, il fait beau et nous décollons à 08h00 pour 40 mn de vol en direction du nord. Beaucoup d’indiens dans l’avion car c’est la bonne période pour effectuer les pèlerinages du Mont Kailash, au Tibet. La frontière est à 4-5 jours de marche de Simikot, mais ces fortunés pèlerins effectuent ce trajet en hélico ! Nous sommes chargés de plusieurs colis et avons un rôle de facteur : Plusieurs personnes de Nepalgunj envoient des produits pour leur famille de Simikot… souvent des denrées difficiles à trouver : savons, fruits, huile…

A l’arrivée, la fraîcheur de l’altitude (3000m) est agréable et contraste avec la moiteur de Népalgunj. Je ressens immédiatement l’atmosphère particulière des villages des montagnes… Le vrai voyage commence à partir de cet instant.

Et ça commence mal : Sur le tarmac, un officier de police me demande un permis de trek…que je n’ai pas. Jusqu’à maintenant ce permis n’était demandé que pour les touristes voyageant vers le Nord et n’était pas demandé à ceux voyageant vers le Sud. Mais un nouveau directeur de l’administration local est en place et depuis 6 mois, il est intransigeant : Quiconque atterrit à Simikot doit posséder un permis de trek ”Restricted Area”, qui ne peut être délivré qu’à Kathmandu et pour au moins 2 personnes. J’ai la chance d’avoir l’agence de trek et mon collègue Rajkumar peut effectuer ce permis et en envoyer une copie par fax. Je dois attendre le lendemain car aujourd’hui, samedi, c’est férié.

Nous profitons donc de l’après midi pour visiter Simikot et ces alentours. La ville se construit et de nouveaux lodges apparaissent. Les pèlerins indiens sont apparemment d’excellents clients.

15/05  –  J 05  Simikot > Bokseganda (2100m)  -5h-         +50m ; -900m

Rajkumar a quelques soucis (habituels) pour effectuer le permis et galère avec l’administration de Kathmandu. Je patiente donc et son fax arrive à 12h30. Je rentre quasiment de force dans le bureau pour récupérer le précieux papier, en l’absence du directeur. J’en ai marre, je ne vais pas attendre la fin de son hypothétique réunion. Je fonce faire une photocopie dans la seule boutique de la ville ayant une photocopieuse et je laisse l’original dans le bureau. En sortant de celui-ci je croise une anglaise qui arrive tout juste de l’aéroport et a le même soucis. J’ai eu ma dose et lui explique brièvement le topo avec un ”good luck” en guise d’au revoir.

Pour info et comme je m’en doutais fortement, personne ne me demandera ce papier par la suite. Ca m’a coûté 100 USD … quand même ! ! Mais étant donné ma situation familiale et professionnelle ici, je ne peux pas prendre le risque de frauder au risque de me faire expulser du pays… C’est arrivé à d”autres récemment.

 Donc, au cinquième jour, nous commençons notre trek en Karnali. Nous descendons via un chemin assez raide, pendant 1 heure, jusqu’à la rivière Karnali que nous longeons . Une piste se construit. Comme je le verrai par la suite, il y a souvent un membre de chaque maison qui travail sur ces chantiers. Le travail a réaliser est gigantesque : Créer une route à flanc de colline. Creuser la terre. Casser la roche… avec des outils très rudimentaires et dans des conditions de sécurité inexistantes. La poussière dégagée est impressionnante.

construction d’une route


Nous marchons 5h jusqu’à Bokseganda, petit hameau d’une dizaine de maison le long de la Karnali. Mes pieds ”chauffent” un peu. Je les refroidis dans la rivière, mais je me fais vite attaquer les pieds par des insectes mi-mouches mi-moustiques.  Je les verrai régulièrement pendant le voyage et le port de chaussettes va s’avérer obligatoire en fin de journée.

chez l’habitant

Nous dormons chez l’habitant. Nous rencontrons un monsieur qui travaille à la création de la route. Il rentre au village car son fils de 9 ans a disparu depuis 6 jours. Il n’arrête pas d’en parler et est extrêmement inquiet. En discutant, on apprend qu’un appareil photo a disparu de la maison en même temps que la disparition du jeune garçon. Chhakka le rassure : C’est apparemment classique d’un jeune parti pour essayer de trouver du travail et qui donnera des nouvelles dans quelques semaines. Je l’espère…. en attendant les parents vont trouver le temps bien long.

16/05  –  J 06   Bokseganda > Ripa ”haut” (2600m)   -7h30-      +800m ; -300m

Départ matinale, à 5h30, pour profiter de la fraîcheur du matin. C’est agréable de marcher le long de la rivière, à travers de belles gorges. Nous passons sous le village de Lalli où nous prenons un petit dej (thé et biscuits). Par hasard, nous croisons Navaraj, un enfant pris en charge par Karya pendant quelques années. C’est une belle surprise et cela fait plaisir de le voir. Il était dans son village pour ces vacances et repart pour Kathmandu.

Gorge de la rivière Karnali


1 Km avant la petit centrale hydroélectrique de Ripa, nous prenons le déjeuner. Ce sera le même menu, deux fois tous les jours : Dal Bhat. Du riz ; une soupe de pois cassé ; et quelques légumes (en ce moment il y a de jeunes pousses de fougères qui sont très tendres et pas trop mauvaises).

5h de marche jusqu’à Ripa, en longeant la Karnali. Chemin quasi plat. Ripa est un gros village aux maisons traditionnelles de pierres, bois, mortier de terre avec un toit plat en terre compressée. Je suis aussi très content de passer ici car les familles de 6 enfants y habitent et je réalise alors vraiment d’où ils sont issus. Les villageois travaillent au champs et étant donné le programme du lendemain, nous ne tardons pas trop et continuons notre chemin (1h30 de marche) pour monter au dessus du village.

Difficile de tout concilier pour un premier voyage : découverte et visite de famille. Etant donné mon temps limité, le trajet escompté et le fait que les maisons des enfants soient souvent éloignées du chemin principal, je n’ai finalement pas vu les parents des enfants… Ce sera pour une prochaine fois !

La région est très sèche. La Karnali paraît bien loin. Quelques pins et rhododendrons.

Ripa Humla
Maison avec échelle traditionnelle


Nous logeons dans un petit ”hotel”, tout en haut du village, car la journée du lendemain s’annonce difficile. Cela me fait un peu peur car je regrette douloureusement mon manque d’activité physique. J’ai vraiment les pieds en feu avec quelques ampoules ! ! Là aussi nous faisons une belle rencontre et, avec Chhakka, nous vivons notre ”moment drôle” du voyage avec la rencontre d’un homme qui, en une journée, a marché ce que je peux faire en 2 jours. Nous l’appelons donc Superman. Puis, en mangeant avec lui et en voyant la quantité incroyable de riz qu’il engouffre, je vais le renommer Batman (Bat signifiant ”riz” en népalais). Nous partons alors en fou rire avec lui. Depuis une dizaine d’année, j’ai vu de nombreux porteurs manger de grande quantité de riz, mais Batman est assurément mon champion. Il a du manger 5-600 grammes !

Batman


17/05  –  J 07   Ripa ”haut”  >  Kargai (2200m)   -8h30-             +1100m ; -1500m

Nous partons donc tôt, à 04h45, pour effectuer la longue montée qui nous attend, à travers la forêt, au frais. C’est très agréable avec la pleine lune et après une petite pluie tombée pendant la nuit. La montée est raide et je marche à mon ryhtme… qui ne satisfait surement pas Batman qui nous laisse tomber après 1h. Nous atteignons le col après 4h de marche. Malheureusement c’est un peu nuageux et le panorama pourrait être sympa avec les sommets enneigés. Tant pis.

Nous entamons donc la descente sur l’autre versant, très raide. Pas dangereux, mais très rocailleux. 2h de marche pour atteindre le petit refuge d’alpage de Tando. Cela fait donc 6h de marche durant lesquelles il n’est pas possible de se ravitailler en eau. Il faut prévoir avant. Chhakka m’avait prévenu, mais il était temps d’arriver ! Nous retrouvons Batman qui nous a devancé d’1 petite heure seulement… Petite forme aujourd’hui pou lui ? Non : En fait il a rencontrer des politiciens en chemin et à entamer une grande conversation.

Le dal Bhat n’est pas terrible et nous sommes envahis par les mouches, mais j’ai super faim et je ne laisserai pas le temps à la pastille micropur de faire son effet. Cela m’arrivera plusieurs fois pendant le séjour et je n’ai pas été malade malgré des conditions d’hygiène parfois très limite. Le seul petit souci gastrique aura été le lendemain matin de l’unique verre de raksi (alcool local) avalé.

Nous continuons à descendre environ 30 mn jusqu’au petit ruisseau, en bas de la vallée. Puis nous le longeons à flanc de colline pendant 1h30 jusqu’au village étendu de Kargai, en face de Parsa. Je sentais l’arrivée du village en voyant l’exploitation des arbres car les alentours des villages subissent une grande déforestation dans ces régions. Les récoltes de tous les champs de céréales sont bien maigres. Peu de tiges dépassent les 20 cm de hauteur ! !

Temple Dami

A Kargai, l’hôtel n’existe plus et nous logeons chez l’habitant, au centre du village, à proximité du point d’eau. Je fais un bon brin de toilette et de lessive : Pendant quelques minutes, je suis la grande attraction du village avec ma peau blanche. Il y a un petit temple Dami dédié à Kalika. Les gens sont hindus ici, mais selon ce que m’explique Chhakka, il y a une autre dimension et d’autres croyances, se rapprochant fortement au chamanisme.

18/05  –  J 08  Kargai > Shreenagar (2000m)  -4h-        +100m ; -300m

En partant à 06h15, nous arivons à Shreenagar à 10h30.  Nous suivons une caravane de chèvres qui part pour un autre village, Kolti, au sud, pour acheter et ramener du riz.

caravane de chèvres pour transport de nourriture (riz)
Vue depuis Shreenagar


Shreenagar est un village important situé sur une haute colline. Le manque d’eau est évident et le climat très aride. Nous nous arrêtons dans la maison des parents de Nirmala, l’épouse de Chhakka qui est là actuellement pour passer des examens scolaires. Nous sommes super bien accueillis évidemment (un poulet en fera les frais) et cela fait du bien de se poser un peu. Je prends le temps de visiter le village et d’observer la vie des gens qui sont affairés à battre l’orge ou le millet sur les toits plats des maisons. Chhakka me montre les principaux endroits du villages et discutent avec de la famille ou des amis. Le village est assez sale. Pas seulement à cause du manque d’eau…. beaucoup de déchets plastique.

Battage des céréales

Ici aussi une piste carrossable est en construction. J’ai du mal à percevoir comment et à quel autre village elle sera liée. Mais il ne fait aucun doute que cela apporte beaucoup d’espoir à ces gens dont la vie est très dure. Ils espèrent que cela va leur utile à plusieurs niveaux : trajets plus rapides, arrivée de davantage de marchandises/matériel/nourriture, baisse des prix, accès facilité à l’eau, aux soins …

Habitat traditionnel

19/05  –  J 09  Shreenagar > Galpha Gad (1300m)  -1h-    +0m ; -700m





La maison de Chhakka est à Shreenagar, mais ses parents ont du terrain, en bas de la vallée, à proximité de la rivière. L’accès à l’eau y est beaucoup plus facile, d’autant que la maman a de sérieux soucis de santé. Nous les rejoignons donc après 1h d’une descente assez raide.


Galpha gad est un oasis de verdure. La petite rivière du même nom se jette dans la grande Karnali. Les gens peuvent cultiver du riz, il y a des arbres fruitiers (les meilleures bananes que je n’ai jamais mangé, assurément), du poisson dans la rivière… Mais 10 m au dessus de la rivière, c’est sec comme sur Mars !

Shreenagar en haut. Galpha Gad en bas. Le petit ruisseau rejoint la grande Karnali


Nous passons une superbe journée ”into the wild” – trek en Karnali prend tout son sens ici

Nous profitons de l’eau de la rivière à 20°c. Il y a un petit bassin naturel où nous passons 2 heures à nous baigner, nous laver, faire la lessive. Le courant fait même office de Jacuzzi !

Pêche : La veille, il y  a eu un gros orage en amont de la Karnali, mais pas en amont de ce petit affluent. L’eau de la Karnali est donc très sale, mais pas notre petit coin de paradis. Donc tous les poissons de la Karnali remonte vers Galpha Gad et c’est une aubaine pour les villageois qui, toute la journée, vont pêcher. Il y a de belles prises et en grande quantité. C’est la ”pêche au slip” car les enfants utilisent leurs sous vêtements pour mieux attraper leurs proies glissantes.

Dégustations de dizaines de bananes et bien sur des poissons.



 Les parents sont très heureux de voir leur fils et leur belle fille sous leur toit. Ils avalent avec bonheur les chocolats que Chhakka leur a apporté. Cette visite leur aura certainement fait énormément de bien au moral car la maman est donc très malade. Ils vivent dans une toute petite maison, sans sanitaires. Ils ont à charge 3 petits enfants de 5 à 9 ans et leur dernier fils de 16 ans. Les petits sont ceux de la soeur de Chhakka qui s’est remariée suite au décès de son premier mari.

Comme bien souvent au Népal, les enfants issus du premier mariage ne sont pas très bien accepté par le second mari et sa famille. Et les enfants se sentent bien avec leurs grands parents. Il y a une vrai complicité. Une des petite fille est tombée. Cela fait 5 jours qu’elle a mal et qu’elle ne peut pas plié le coude. C’est certainement fêlé quelque part… Que faire ? Pas de docteurs dans ces villages. Quelques ”medicine shop” très mal approvisionnés, et les chamanes…



20/05  –  J 10  Galpha Gad > Dwari (2000m)  -8h-       +1100m ; -400m

Après une journée et demie de repos, j’ai bien rechargé les batteries et nous nous remettons en route. Le chemin passe par le village de la soeur de Chhakka qui est très malade depuis 3 jours. Samjana, 8 ans, prend la tête du petit groupe car nous sommes accompagnés du papa et d’une cousine (la grande soeur de Ganesh) qui doit passer un examen scolaire à Jumla (4 jours de voyage – 8 jours A/R – pour 35 mn d’examen). A 8 ans, son rythme de marche est le même que le mien durant les 2 heures de bonne montée, en plein soleil, pour le village de Bihi – Thulogaon. Nous avons traversé le pont pour nous retrouver dans le district de Mugu. Nous prenons le dal bhat chez la soeur qui finalement va mieux et nous prenons de précieux conseils pour le chemin à suivre.

A nouveau 2h30 de montée régulière. Nous trouvons plusieurs point d’eau fraîche dans la forêt, au son des cigales, où le chemin s’aplanit pendant 1h30 jusqu’au village de Sorukot.

Oasis / Verger à 2800m


Nous marchons ensuite 2h à flanc de colline pour atteindre Diwari et une petite guest house. La propriétaire est une femme bien rude avec ses 3 filles auxquelles elle crie des ordres alors qu’elle est très tendre avec son son dernier enfant… un fils.

21/05  –  J 11  Dwari > Lac Rara (3000m)  -9h-       +2000m ; -1000m

Il y a quelques doutes sur le chemin à suivre car les cartes de la région sont très approximatives et partons de bonne heure à nouveau. Nous empruntons un chemin facile et plat, le long de la Mugu Karnali, pendant 2h jusqu’au gros village de Sipa.

Repas avec d’excellentes galettes de farine de millet avec des oeufs et discutons avec les villageois qui nous donnent des indications précises sur un raccourci pour atteindre le lac Rara dans la journée. Nous refaisons le plein de galettes et nous remettons en route. Il faut suivre le ruisseau, de l’autre côté de la Karnali, dans une vallée très encaissée. Les villageois ont installé de nombreux moulins à eau pour moudre le grain et fabriquer leur farine. 3h de montée régulière en passant au pied du village de Rum (ne pas y monter et rester près du ruisseau), puis 3h de montée très raide (pas d’eau) en forêt pour atteindre le col permettant de basculer vers le lac Rara par une descente d’environ 1h. C’est donc un très bon raccourci, mais ça grimpe sérieusement…  C’est une journée plus facilement réalisable en partant le matin, depuis Sipa.








Le lac Rara est le plus grand (11 km2) lac du Népal et le plus profond (168m). Il se situe dans un parc national protégé dont il faut payer une entrée (3400 Nrs). Il n’existe qu’un seul lodge qui tourne à plein régime. Beaucoup de népalais viennent ici. Mais très peu de touristes du fait de l’éloignement et des difficultés d’accès. Les nuages de pré-mousson cachent malheureusement les montagnes d’Humla



22/05  –  J 12  Lac Rara > Pina  -4h–    +0m ; -500m   Puis 6h30 de bus pour Nake.



Le matin est brumeux et la vue n’est pas plus dégagée. Nous contournons le lac durant 1h30. C’est agréable et très paisible. Puis nous entamons la descente vers Jyhari. Nous apercevons une piste carrossable qui enlace les collines. Il est difficile de trouver son chemin par les petits sentiers. Nous n’avons pas d’autres choix que de marcher sur cette large piste, en plein soleil. Après 2h30, je suis las de marcher dans ces conditions… aucun plaisir. Les villageois nous disent que des bus vont passer et prennent la direction du sud, pour Jumla, Nepalgunj. Ma décision est vite prise et je choisi la facilité. Je n’ai pas envie de marcher davantage sur cette piste, en plein soleil.

Nous prenons donc le dal bhat et montons dans un bus. Le reste de la journée est épique. Il ne reste qu’une place dans le bus, à la dernière rangée et au milieu. C’est la pire car la moins confortable. Je suis balancé et je fais des bonds à chaque virage, trous, cailloux. Mais finalement, étant donné l’étroitesse de la piste à certains endroits et le fait de ne pas voir certains passages (précipice) me fait dire que ce n’est peut-être pas plus mal d’être placé là car je ne vois ni la route, ni le danger. Le temps s’est éclaircit et j’ai pu voir de magnifiques paysages de haute montagne à certains passages de cols… mais impossible de prendre des photos dans ces conditions.

23/05  –  J 13  > Jumla. 4h de bus

Nous changeons de bus le matin… et heureusement car il pleut et notre nouveau bus a des fenêtres qui se ferment, contrairement au premier. Le bonheur se trouve dans les petits détails !  Le chemin est meilleur et nous longeons de grandes rivières qui favorisent l’agriculture avec de beaux paysages.

Nous arrivons à Jumla en fin de matinée. Soulagés. C’est une grande agglomération qui se modernise et qui je pense va vite se développer grâce à l’amélioration de l’accès par la route. 

Nous nous installons au Shrestha Hotel, à deux pas de l’aéroport… La douche froide est très appréciée. Je me ballade dans l’après midi. Dans le centre ville, il y a un grand ”bazaar” où il y a beaucoup de choses ainsi que 2 temples. J’y rencontre un baba (prêtre hindus) très attachant et très drôle. Superbe rencontre. Nous avons une grande conversation sur la vie dans les montagnes népalaises et sur les népalais.

Il a une très bonne vision de l’évolution de ces régions car il y voyage et y vit depuis 30 ans. Il est un peu triste de la dur vie que la nature leur impose, mais rejette les principales fautes sur les hommes et la modernisation qui atteint trop vite ces régions. Comme il dit : ” La mentalité et les technologies occidentales ont de très bons côtés et nous avons beaucoup de choses à apprendre, mais revenez dans 50 ou 70 ans. Nous ne sommes pas encore prêts et pour l’instant vous nous rendez confus, fainéants, violents, avides”. Des gens viennent le voir et lui demandent des conseils en tout genre. Pour ma part, je lui demande l’adresse de son fournisseur de miel de montagne… et arrive à en acheter 1 Kg : Une merveille ! !

24-25/05  –  J 14 & 15   Jumla > Nepalgunj (avion)  ;   Nepalgunj > Kathmandu (bus)

Le matin, nous attendons longtemps notre avion et espérons qu’il ne sera pas annulé. Mais la météo est bonne et l’espoir est là. Je pensais l’aventure terminée et retourner tranquillement à Kathmandu… C’était sans compter sur une énième ”histoire népalaise” qui reste un des faits marquant de ce voyage  et qui reflète bien des choses.

Histoire népalaise. ” It’s a crime ! ”

Vers 12h00, alors que les vols sont complets, un homme demande à la compagnie de lui octroyer 2 places pour transporter sa mère à Nepalgunj. Les soins dont elle a besoin ne sont pas disponibles à Jumla et elle a besoin d’être transféré et hospitalisé d’urgence. Il lui faut des papiers officiels de la part d’un médecin et de la police pour bénéficier des places. Après 2 heures de palabres et de va et vient, il réussit à obtenir les 2 places dans l’avion. Il se bat comme un lion et l’inquiétude ronge son visage. La famille est là, devant l’aérodrome, très pauvre, inquiète, autour de l’ambulance dans laquelle la dame est sous assistance respiratoire.

A 15h30, la bonne nouvelle arrive enfin et nous décollons pour 25mn de vol. Par hasard, un médecin embarque à bord. La malade et son fils aussi, à l’arrière. Pendant le vol, l’hôtesse vient voir le médecin…. la dame ne respire plus… elle a rendu son dernier soupir ! Le visage du médecin est tendu, fermé. Je réalise à l’arrivée : Après s’être tant battu, cette dame n’aura pas eu la chance qu’elle (et sa famille) méritait d’avoir à cause d’une énorme négligence : Elle n’a pas bénéficié d’assistance respiratoire pendant le vol. Comment peut-on laisser embarquer dans un vol d’altitude un malade nécessitant une assistance respiratoire sans cette aide ? 

En sortant de l’avion, chacun fait un petit geste envers le fils, en pleurs et dévasté. Il a fait tant d’effort et se retrouve tout seul avec le corps de sa maman, dans une ville qu’il ne connait pas, où il ne connait personne et où il fait 25°c de plus que chez lui. J’aimerais faire quelque chose, mais nous sommes obligés de quitter le tarmac. J’entends simplement la colère du médecin auprès des pilotes et des responsables de la compagnie aérienne : ” Its a crime! It’s a crime ! ” 

Cela rendra bien anecdotique le long voyage retour en bus à Kathmandu… gorge nouée.

Infos en vrac

Cet itinéraire est donc réservé à de bons marcheurs. L’expérience ne suffit pas : Il faut être en forme et à l’aise dans ses chaussures. Mais il existe des variantes, en longeant la Karnali : Cela rend le trek plus long, mais moins difficile.

Quoi qu’il en soit, pour effectuer ce trek en Karnali, il faut avoir un esprit aventurier et supporter des conditions de logement et de nourriture très rudimentaires. Bien souvent, il n’y a pas de sanitaires par exemple. Gardez vos déchets. Emportez un matelas et un sac de couchage. Attention aux petits insectes piquants en tout genre qui malheureusement nous adorent (pantalons, chaussettes).  

Nous n’avons pas eu de difficultés à nous nourrir : Nous avons trouvé du dal bhat partout en logeant dans de ”petits hotels” ou chez des habitants. C’est aussi parce que nous n’étions que 2. Je pense que pour un groupe de plus de 4 personnes, il faut prévoir de la nourriture.

Comme dans beaucoup d’endroits au Népal, l’eau est de plus en plus précieuse et il faut y faire très attention. Pour certains jours, il faut en emmener en quantité suffisante dès le matin. Il n’y a pas le choix de la source et l’eau n’est pas toujours pure (eau de rivière : sédiment ; animal en amont…). J’ai parfois fais l’impasse, mais il faut absolument emporter de quoi la purifier.

Permis de trek obligatoire ” Resticted area – Simikot”  à obtenir à Kathmandu via une agence de trek.

Ne pas se vexer de certains comportement parfois étonnants : Dans cette région, le système de caste est très ancré et dicte souvent la façon d’échanger ou de vivre dans le village. Il y a la population du haut du village ; celle du bas. Il n’est pas possible parfois de manger dans la même pièce ou de s’approvisionner à la même source d’eau…

Les cartes de la région ne sont pas précises. Mieux vaut demander aux locaux pour chaque étape, en sachant que 2 heures de marche pour un népalais, équivaut souvent à 3 heures pour un occidental.

De plus les constructions de piste, un peu partout, vont probablement changer les choses dans les années à venir. Les altitudes et dénivelés ci-dessus sont approximatifs. A moins de parler népalais, je conseil fortement d’être accompagné par quelqu’un connaissant bien la région.

Voici une carte de l’itinéraire de ce treen Karnali réalisé avec les point journaliers ( là aussi approximatifs parfois) :

carte Simikot – Lac Rara. Région Karnali. Humla ; Mugu