Situation Covid. 22 Septembre 2020

  • Mis à jour le Sep 22, 2020
  • Laurent
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Eau chaude et Curcuma... Au 22 Septembre, voilà la situation globale au Népal.

Sommaire

COVID

  • 924 000 tests PCR effectués (10-12000 / jour)
  • 65 300 cas positifs dont 70% guéris
  • 427 décès (taux mortalité 0.64%)
  • Autres chiffres officiels sur le site du ministère 

Kathmandu est désormais le ‘’point chaud’’ de la propagation du virus. Le confinement n’a eu aucun effet et les chiffres journaliers sont à peu près constants depuis 3 semaines : cas détectés (900-1500 / jour)  et décès (8-12 / jour) pour 10-12000 tests / jour. Nous pouvons à nouveau sortir, 1 jour sur 2 pour les véhicules en fonction du numéro des plaques d’immatriculations. Après quelques jours de ‘’semi confinement’’ avec des mesures difficilement applicables, les transports publics et les magasins peuvent opérer, sans restrictions de jours ou d’heures. Le port du masque est obligatoire et souvent respecté, mais la façon de l’utiliser par 99% de la population me fait fortement douter de son efficacité.
Dans les villages, où il n' y a pas de cas, la vie est quasiment normale (sauf pour l'école).
 

  • Les népalais ont peur des hôpitaux pour aller se soigner : Par exemple au Népal, 85 femmes enceintes sont décédées les 5 derniers mois, soit autant qu’en 2019. Peu visitent les hôpitaux pour bénéficier des injections contraceptives (tous les 3 mois), vaccination des enfants…
  • Le nombre de vols internationaux va augmenter petit à petit pour rapatrier les milliers de népalais qui veulent rentrer chez eux, d’autant qu’il ne reste que 3 semaines avant les grandes fêtes religieuses et familiales. Beaucoup sont encore bloqués. Les problèmes sont divers, mais souvent cumulés : sans argent, sans logement, sans travail, sans visa, passeports confisqués, billet d'avion de rapatriement très très chers.... Généralement les émigrés reviennent avec des économies. Certains vont revenir avec des dettes !
  • Après de violentes manifestations, les newars de Patan ont pu négocier des arrangements pour effectuer la procession du grand charriot du dieu protecteur de la vallée ; Rato Machendranath. Tout s’est apaisé ensuite

  

  • Il n’y a pas d’autres mesures ou de plans significatifs autres que le confinement. Le gouvernement et les autorités locales décident arbitrairement et ne prennent aucun compte des avis des experts médicaux qui ne font pas partie des comités décideurs. L’objectif actuel est de contenir la maladie pour qu’un maximum de transports et de magasins puissent opérer pour la grande fête de Dashain.

 

Politique

Cela s’apaise : Le Premier ministre Oli, qui était aussi le chef du Parti Communiste Népalais, laisse ce dernier poste à l’autre leader, Prachandra afin de calmer tout le monde et de garder le poste de Premier ministre. On n’a donc pas fini d’entendre parler d’eau chaude et de curcuma pour combattre le coronavirus. Depuis quelques mois, de très nombreuses affaires de corruption éclatent, avec des montants énormes, impliquant à chaque fois des personnes politiques du gouvernement. Etant donné l’actualité du moment et le confinement, beaucoup d'affaires sont étouffées/oubliées au fur et à mesure.

 

Mousson

Environ 350 décès pour cette mousson à cause des glissements de terrain, inondations… Un chiffre plus important (et non définitif) que d’habitude. Mais la mousson aura été ‘’normale ‘’.

La cause de ces dégâts : Déforestation, urbanisation anarchique, extraction du sable et des pierres dans les cours d’eau, construction de barrages ( et fermeture des portes) en Inde.

 

Tourisme

Un représentant du gouvernement a évoqué une réouverture des frontières aux touristes à partir du 17 Octobre. C’est très surprenant.

Pas plus d’infos sur les conditions, d’entrées, de tests, de quarantaines, d’éventuelles restrictions… Donc pas d’officialisation ni d’anticipation possible alors que rien n’indique une baisse du nombre de cas de covid.

 

Education

Les écoles sont toujours fermées et cela pour très longtemps je pense. Ce sera certainement la dernière chose à retrouver un fonctionnement normal. Pour ceux ayant accès à des cours en ligne, les écoles pensent pouvoir compléter 70% du programme. MAIS 30% des étudiants n‘ont aucun accès à cette forme d’éducation.

Quelques écoles rurales dans les districts reculés n’ayant pas de cas de covid accueillent des écoliers.

Il n’y a aucune date de prévue de retour à l’école. Cela fait 7 mois que les enfants sont à la maison.

 

Transport

Dans l’optique des fêtes qui approchent, depuis le 21 septembre, les bus longues distances et les vols intérieurs sont désormais autorisés. Des protocoles spécifiques sont mis en place. Les avions peuvent être occupés à 100% de leurs capacités et les bus à 50% (en théorie).

 

 

 

Témoignage de vie à Kathmandu

Une vidéo de Subhadra Mainali dénonçant la police népalaise est devenue virale sur les réseaux sociaux. Dans la vidéo de 30 secondes, Mainali se plaint avec colère qu'une inspectrice de police ait confisqué sa balance

«En ce moment, qui voudrait sortir dans la rue pour vendre des légumes si nous avions tout ce qu’il faut à la maison?» Elle a mal et est en larmes, dit: «Nous avons aussi peur d'être infecté par le virus. Qui ne veut pas rester à la maison et se détendre pendant cette période, mais je travaille tous les jours en prenant des médicaments.

Mainali était en route avec son chariot de légumes. Elle a des problèmes de reins et d'utérus, et ça lui fait mal quand elle pousse le chariot. Alors qu'elle s'apprêtait à vendre des légumes, une camionnette de police s'est arrêtée devant elle et une policière lui a donné des coups de pied. Le chariot s'est cassé et les légumes étaient éparpillés sur le sol. «C'était insupportable quand la police a emmené ma balance», se souvient-elle de l'incident. «Je venais de rentrer de l'hôpital après un traitement médical de l'utérus. Je saignais et j'étais en colère. Si la police pense que nous priver de nos moyens de subsistance est de la bravoure, elle se trompe!

Mainali, 39 ans, est originaire de Kavre. Elle vend des légumes dans le coin depuis sept ans. Elle se lève à 3h00 tous les jours pour s’approvisionner en légumes et les vendre pendant la journée. Sa famille vit dans un petit appartement près de la zone, et compte sur ses revenus pour la nourriture, le loyer et les frais médicaux.

Son mari vend aussi des légumes dans une camionnette mobile. Son système neuronal est faible et il a une jambe cassée. Il doit régulièrement prendre des médicaments pour atténuer la douleur. Leur fille a un handicap mental.

«Si je peux travailler régulièrement, je peux de nourrir ma famille. Les gens ont peur du virus. Nous avons également peur, mais nous n'avons pas d'autre choix. Nous avons plus peur de mourir de faim que de la pandémie », a déclaré Subhadra.

Ces vendeurs ambulants ou qui occupent les trottoirs sont la cible des autorités et perçus comme d’importants vecteurs du virus. Ils n’ont pas le droit de travailler.

 

  • Les travailleurs journaliers laissent de côté leur dignité et acceptent les repas distribués gratuitement par de multiples petites ONG, asso de quartiers, monastères, restaurants… Des milliers de repas sont servis tous les jours. Les premières semaines, les gens n’osaient pas et ont pioché dans leurs économies, désormais épuisées. Ils n’ont plus le choix. Ceux dont le propriétaire n’est pas compréhensif ont dû quitter leur chambre et se retrouvent à la rue.

Beaucoup doivent aller dans 2 endroits différents pour bénéficier de 2 repas par jour et parfois marcher (2 x 1h30) pour pouvoir faire ce deuxième repas.

Il y a parfois des distributions de nourriture. Hier nous avons donné quelques vivres dont des œufs à une famille. Quand les enfants ont vu les œufs, ils se sont mis à danser, à chanter, à rigoler comme des fous.

 

  • Le gouvernement ne distribue aucune nourriture. Alors que celui-ci fêtait en grande pompe le 5ème ’anniversaire de la nouvelle constitution, au même moment et à 200 mètres des célébrations, des centaines de gens attendaient un repas (photos ci-dessus)… Et le maire de Kathmandu, malade asymptomatique du covid reste injoignable et passe 1 semaine de confinement dans un hôtel 5*

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